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LAURÉATE DE LA BOURSE
2018

Projet primé : assurer la promotion de son premier album Nice To Meet U.

Sa musique entre ballades mélancoliques et mélodies pleine de douceur laisse percevoir une sensibilité exceptionnelle. Quand elle chante, on en prend plein les oreilles. En entretien - comme dans la vie - Pauline est adepte du second degré et de la bonne humeur. Son rire emporte souvent la fin des phrases. On se concentre.
 
Parcours
Pauline de Tarragon est née à Avignon en septembre 1996, elle grandit là-bas avec sa mère, son frère et son beau-père. Depuis qu’elle est en âge de tenir un crayon, elle dessine. Son père était artiste peintre et l’a toujours poussé à libérer son trait, à s’exprimer en grand. Pendant ce temps son beau-père lui apprenait à mixer sur des platines et lui faisait découvrir la soul, le rap, le folk. Sa mère, elle, lui inculquait l’art de l’indépendance et du bonheur. Penchée sur son bureau, dessinant parfois jusqu’à huit heures par jour, Pauline chante. Sa voix est belle, les mélodies sonnent juste, mais elle l’ignore. « Je pensais que tout le monde savait chanter. » Hélas, non. C’est ce qu’on appelle un don.
À 16 ans, afin d’occuper leurs journées d’été, Pauline et une amie chantent dans les rues d’Avignon. Les gens s’arrêtent, jettent de l’argent dans l’étui à guitare. « Certains revenaient le lendemain pour m’écouter, c’est là que j’ai pris conscience que ma voix n’était pas commune. » Mais elle n’envisage pas de suivre une carrière musicale. Ses amies, oui. Elles l’inscrivent à la Nouvelle Star, l’émission de télé-crochet. Sélectionnée, Pauline chante pendant deux mois toutes les semaines devant un million de téléspectateurs. De cette expérience, Pauline garde un souvenir mitigé. « Je n’étais pas moi-même. Je devais rentrer dans un moule pour l’émission, et ça ne me convenait pas. » Elle souhaite plus que jamais rester maître de ses choix et se concentre sur ses études, son bac, et aussi ses cours de dessins – elle ambitionne de devenir illustratrice ; « sans savoir si c’est un vrai métier ». Mais Pauline reçoit des centaines de message, des gens l’encouragent à poursuivre dans la musique, des maisons de disques, des labels, des producteurs. À la fin, elle ne les lit plus, se coupe les cheveux pour qu’on ne la reconnaisse pas. Elle fait des crises d’angoisse. Jusqu’au jour où elle reçoit un mail du compositeur Axel Concato. Il a des chansons et cherche une interprète. « Son message était plein d’humour, j’ai senti qu’il était différent. » Et en effet, quand ils se rencontrent, leur goût pour le second degré les rapproche. Coup de foudre artistique : ainsi naît le projet Pi Ja Ma.
 
Pi Ja Ma
Ne cherchez pas l’acronyme qui se cache dans Pi Ja Ma. « Ça m’amusait de recevoir des mails sérieux avec ce mot. » Puis dans un rire, Pauline assume son goût pour la paresse. Mais on n’y croit pas une seconde, elle déborde d’une créativité artistique. Jugez plutôt, en une année, tout en poursuivant ses études, elle a écrit et publié un livre, pour la jeunesse, composé un EP, dessiné les pochettes, réalisé des clips vidéo, elle s’est occupée de sa communauté sur les réseaux sociaux, a fait une tournée en Angleterre avec Superorganism et des concerts un peu partout en Europe… « On a très peu de temps pour vivre, alors il faut faire beaucoup de choses ! » C’est une philosophie de vie comme une autre. Une façon aussi de garder la tête sur les épaules : « Le soir, je faisais un concert, et je retraversais la France pour être en cours le lendemain matin. » On se demande quand Pauline trouve le temps de s’enrouler dans sa couette. « Pi Ja Ma, c’est vraiment un projet qui me ressemble. » dit-elle. Au premier concert, le tout-Paris de la musique est là. Les labels se bousculent. Elle choisit 5-7. « Je voulais un label indépendant pour pouvoir rester moi-même. » On y revient.
 
La bourse 
« Je ne jouais d’aucun d’instrument, je n’écrivais pas. Je racontais ma vie à Axel, et il écrivait une chanson. J’étais un peu complexée, on pensait que je travaillais seule, alors que c’était un travail d’équipe. J’ai donc à mon tour commençé à compos er des chansons, grâce à l’application GarageBand [le logiciel d’enregistrement et de création musicale] sur mon téléphone. » Pauline aimerait composer davantage. Si le premier album a été composé par Axel Concato, le deuxième sera probablement une collaboration à 4 mains. « J’ai déjà pensé à son concept » dit Pauline qu’on croit sur parole. « La bourse va nous permettre de réaliser des clips, de développer l’univers de Pi Ja Ma, notamment sur scène. » Pauline voudrait un concept un peu remarquable, pas juste deux micros et au revoir. La bourse permettra d’assurer aussi la promotion du premier album qui sort en février 2019. « La promotion doit aussi avoir une visée artistique. » Et pour ça, on lui fait confiance.