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LAURÉAT DE LA BOURSE
2018

Projet primé : réaliser un film d’animation de 26 minutes sur la dépression, Maman pleut des cordes.

Hugo de Faucompret est un utopiste. Il a fondé, avec d’autres élèves des Gobelins, le collectif « Souviens Ten-Zan » (STZ), un laboratoire d’expérimentation, qui peut produire des films de A à Z. Son objectif ? Favoriser le lancement de films, de bds et de livres. « On est en train de s’organiser pour que ce collectif devienne un vrai Studio. » Mais en attendant, Hugo a du pain sur la planche.
 
Parcours
Hugo, qui a grandi en Normandie, emprunte très tôt la carte de bibliothèque de ses parents pour lire les BD du secteur adulte. À 10 ans et en cachette, il dévore les publications de Fluide Glacial, et celles éditées par Les Humanoïdes Associés. « Mais, rassure-t-il, j’ai aussi lu les classiques qui font bien. » Comprendre : Astérix et Tintin.
Il développe une aptitude pour le dessin. À treize ans, il suit des cours de bande dessinée ce qui lui permet de se familiariser avec le principe des cases, de se frotter à la narration. Souvenir de cette époque ? « Je dessinais beaucoup, j’étais très curieux. » Au lycée, alors qu’il faudrait suivre les arts appliqués, il passe un bac S, « pour assurer les arrières » mais le soir, il prend des cours dans une « prépa ». Il fréquente aussi les salles obscures. « Comme j’étais très cinéphile, j’ai pensé que l’animation serait le pont qui me permettrait de mêler plaisir et travail. »Il passe trois ans à Estienne d'où il sort avec un DMA Gravure. Il tente ensuite les concours d'autres grandes écoles, comme les Beaux-Arts, les Arts décos ou les Gobelins. « J’échoue et je prends une année sabbatique forcée. Mais au final, ces douze mois seront décisifs : je sais ce que je veux faire. » Il effectue un stage dans un studio d’animation pour se donner les chances de réussir. Cette fois, audacieux, il ne passe qu’un concours, celui des Gobelins. Il est pris.
Là, il rencontre une famille. Des jeunes gens avec les mêmes aspirations, les mêmes goûts. Les mêmes envies. Ensemble, ils fondent donc le collectif STZ. Font des films, s’encouragent, s’épaulent.
 
Maman pleut des cordes
En décembre 2016, Hugo répond à un appel à projets de France Télévisions pour une fiction de 26 minutes sur le thème « jeunes héroïnes contemporaines ». « Ça faisait écho à une idée que j’avais en tête. » Pour ce film, Hugo choisit d’aborder un sujet de société : la dépression. « C’est difficile pour la personne qui en souffre mais aussi pour l’entourage. Il faut accompagner, tout en se préservant. J’ai eu envie de me pencher sur ce thème et d’en parler sous un angle léger, voire le tourner en dérision, à travers le personnage d’une petite fille de 8 ans dont la maman est dépressive. »
D’abord présélectionné, le projet est finalement refusé. Fort de l’intérêt de la chaine, Hugo continue à le défendre. Antoine Liétout et Ivan Zuber de la société Laïdak Films, avec qui Hugo a déjà travaillé sur un précédent projet, décident de l’accompagner. « On l’a pitché dans des festivals, notamment au Visegrad Animation Forum, les retours étaient positifs et encourageants. » Puis Hugo défend son film au Cartoon Springboard fin 2017, trouve un distributeur, obtient une bourse d’écriture de la Sacd, la bourse Beaumarchais, et le présente également au Cartoon Forum en septembre 2018 où le projet est chaudement accueilli par une salle comble. Aujourd’hui, il obtient la bourse Auteur de film d’animation de la Fondation Jean-Luc Lagardère.
 
La bourse
« Elle va me permettre de travailler avec une vraie équipe, des spécialistes, une scénariste, des créateurs d’univers visuel. J’ai des envies, mais je n’ai pas forcément tous les savoir-faire nécessaires et pour embaucher des gens de talents, il faut les moyens. » Réaliser un film d’animation de 26 minutes demande beaucoup d’argent. Hugo cherche encore des financiers. France Télévisions pourrait revenir dans la partie. Quoi qu’il en soit, il faut reprendre l’écriture du projet. Hugo est prêt. Rendez-vous, si tout va bien, fin d’année 2020.