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LAURÉAT DE LA BOURSE
2018

Projet primé : réaliser Si tu es un homme, un long-métrage documentaire sur le travail des enfants dans  une mine d’or au Burkina-Faso.

C’est une histoire de famille. « Mon grand-père était professeur de cinéma à l’école Normale, chez lui il y avait un labo photo, il nous a initié très jeune à l’art du cadrage et du montage. » explique Simon Panay. Avec ses frères, dès 10 ans, Simon réalise des films sans avoir conscience que cela peut devenir un métier. Et pourtant…
 
Parcours
« Le documentaire, j’y suis arrivé par hasard. » Enfant, il rêve d’écrire des dialogues pour Michel Serrault. Après le bac, il arrête ses études, réalise un premier film de fiction Drôle de Guerre (2013). Puis un jeune homme du Burkina-Faso le contacte pour lui souffler une idée de documentaire. Simon a à peine 19 ans, il ne connaît rien au Burkina-Faso ni au documentaire. Il part avec un matériel léger et réalise Tontines, une Affaire de Femmes (2014). Chaque mercredi après-midi, des femmes se regroupent dans la cour de Fatoumata pour faire la réunion de la Tontine. Le but est de constituer une banque coopérative et solidaire, pour financer des micro-crédits pour les femmes dans le besoin au sein du groupe. Mais c’est également le seul moment de la semaine où elles peuvent se retrouver entre femmes… « Nous avons tourné ce film en immersion, durant sept semaines, sans intervenir ni commenter. » Voilà comment Simon tombe dans le documentaire.
Waiting for the (t)rain (2015), son deuxième documentaire, est le portrait d’un petit village perdu dans la brousse du Burkina-Faso où passe deux fois par semaine le train. Les bouteilles d’eau et la nourriture que jettent les voyageurs en passant constituent le principal revenu du village, mais aussi l’unique ressource en eau pendant la saison sèche.
Ensuite, Ici Personne Ne Meurt (2016).« Au départ, deux amis qui ne se connaissent pas me parlent la même semaine d’une mine d’or au Bénin. J’y ai vu un signe. » Simondemande à son chef opérateur s’il est libre les deux prochains mois. Il l’est. « On part avec un budget de 1 600 euros, ce qui ne facilite pas le tournage dans une mine illégale. Pas les moyens de faire des repérages, on arrive sans savoir ce qu’on allait trouver. » La part d’improvisation est énorme. Finalement, quand la police les arrête, le manque de moyens les sauve : « Avec notre matériel, ils nous ont pris pour des touristes égarés. Ils nous ont laissés repartir. » Depuis, le film, qui met en cause le gouvernement,, a été diffusé dans 64 Pays et a reçu 113 prix. Impossible de retourner au Bénin.
Ce n’est pas grave, le prochain documentaire se passera au Burkina-Faso.
  
Mines clandestines
Dans ce pays, il existe non loin de Houndé, dans la région des Hauts Bassins du sud-ouest du pays, des mines d'oroù travaillent des enfants dans des conditions inhumaines.  Simon veut suivre ces enfants pour rendre compte de la réalité de leur quotidien.
Cette fois, il veut les moyens de ses ambitions. Une équipe de professionnels et du matériel de cinéma. Simon cite en exemple le documentaire danois Armadillode Janus Metz. « Je veux faire un documentaire de création, sans interview ni voix off. Pour une sortie en salles de cinéma et pour tous les publics.» Il faut suivre son personnage au plus près pour rendre compte de la réalité du quotidien de ces hommes et ces enfants dont la seule existence est liée au travail sous terre harassant et dangereux. La liberté de création a un coût.
 
La bourse
La bourse va permettre d’effectuer des repérages mais surtout de louer le matériel et rémunérer l’équipe. « C’est un tournage qui va s’étaler sur le temps, plusieurs mois. Nous devons donc avoir une équipe allégée, mais chevronnée. » Pour le matériel : « On va tourner certaines scènes dans des conditions difficiles, dans des galeries, par exemple. Nous devrons utiliser souvent une tête gyro-stabilisée pour suivre les mouvements des personnages avec fluidité. » Simon souhaite aussi apporter une attention particulière à la musique. La bourse va-t-elle suffire ? « Il faudra encore trouver des financements. » reconnaît Simon qui a tout en tête. Seule inconnue, comment ça se passera sur place.